Département de l'Ariège 09
Au début du XIXᵉ siècle, la commune de Montferrier connut un essor minier avec l’extraction du talc, particulièrement autour du col de Porteille. Le site du Fangas se développa rapidement, accueillant chaque été plus d’une centaine d’ouvriers logés dans des bâtiments équipés de dortoirs. Cette activité marqua profondément le paysage local, mais elle fut fragilisée par un important éboulement en 1961 qui endommagea la zone d’exploitation. La mine du Fangas ferma définitivement ses portes en 1969, après plus d’un siècle et demi d’activité.
Parallèlement à cette exploitation, les amateurs de glisse eurent l’idée d’utiliser les installations minières pour initier une pratique hivernale. Dès les années 1940-1950, un téléski rudimentaire d’environ 400 mètres fut mis en place, actionné par un moteur de récupération. Il permettait de rejoindre la « cabane du Vacher », point de départ d’une piste unique tracée en forêt. Bien que sommaire, ce dispositif marqua les premiers pas du ski organisé sur ce secteur isolé.
La pratique du ski y demeurait exigeante, car l’accès au Fangas en hiver se faisait uniquement à pied, skis à l’épaule, depuis le lieu-dit Le Ramié, situé quatre kilomètres plus bas. Pour profiter pleinement du week-end, les skieurs passaient souvent la nuit sur place, dans les anciens abris d’ouvriers, avant de construire patiemment un refuge plus adapté : le refuge de Moulzoune, édifié au bord de l’étang du même nom, fruit d’un travail collectif mené sur plusieurs années.
Finalement, ce modeste domaine fut peu à peu abandonné au profit du vallon voisin, mieux adapté au développement touristique. C’est là que fut créée en 1967 la station moderne des Monts d’Olmes, appelée à devenir le centre de gravité du ski dans le secteur. Aujourd’hui, la forêt du Fangas conserve encore quelques vestiges de ce téléski oublié, témoignage discret d’une époque pionnière où la pratique du ski se mêlait aux activités industrielles de la montagne.

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